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Histoire
du Brésil
d'hier à aujourd'hui
LES
AMÉRINDIENS.
Les
indiens peuplaient le Brésil à l'arrivée des portugais, en
1500.
Décimés par les maladies apportées par les européens et leur
mise en esclavage, ils ont dû progressivement laisser le terrain
aux nouveaux arrivés. Leur sort n'a commencé à intéresser
les autorités brésiliennes que vers 1920. Aujourd'hui on
retrouve l'indianité d'origine dans le métissage racial et
culturel.
Les indiens qui vivent dans la tradition représentent à peine
0,2% de la population, 60% vivent en Amazonie, mais ils sont présents
dans presque tous les États répartis en 215 ethnies, qui tentent
de survivre dans de misérables réserves ou sur des terres sans
cesse rognées par la cupidité ou des intérêts économiques.
La culture indienne a laissé au Brésil quelques traces
marquantes : le hamac (a cede), présent chez tous, soit pour la détente
soit pour remplacer le lit ,le manioc (a mandioca) tubercule
souvent vénéneuse, que les indiens ont su traiter.
le mais (o milho), le tabac (o fumo), la pharmacopée...
La
langue brésilienne, principalement dans le lexique de la faune et
de la flore ainsi que les noms de lieux, est imprégnée de mots
d'origines indiennes: maracujâ (fruit de la passion), jacaré (caiman)
Itaparica (île située en face de Salvador da Bahia), ita
signifie pierre, Iguaçu (le suffixe -açu signifie grand)
Le folklore s'inspire très largement de traditions indiennes:
Saci-Pererê: unijambiste, noir, à la pipe et au bonnet rouge qui
joue des tours aux voyageurs.
Le
boto, dauphin de rivière est connu pour " apparaître "
sous les traits d'un bel homme et séduire les femmes. Il
est le " père " d'une nombreuse descendance
car c'est lui qui est à l'origine des grossesses "inexpliquées
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Les premiers
habitants de l'actuel Brésil furent les Indiens Arawak et
Caribes, au nord, les Tupí-Guarani, sur la côte est et le bassin
amazonien, les Ge, installés dans les régions orientales et méridionales
du pays, et les Pano, à l'ouest. La plupart de ces tribus étaient
semi-nomades et vivaient de chasse, de cueillette et d'une
agriculture primaire.
Le premier explorateur européen fut le navigateur espagnol
Vicente Yáñez Pinzón. Après sa traversée transatlantique, il
toucha terre près du site de l'actuelle Recife, le 26 janvier
1500. Il navigua ensuite le long de la côte, vers le nord, jusqu'à
l'embouchure du fleuve Orénoque. Cependant, en vertu des décisions
du traité de Tordessillas (1494), qui modifiait la ligne de
partage instaurée en 1493 par le pape Alexandre VI pour délimiter
les empires portugais et espagnol, le nouveau territoire fut
attribué au Portugal. L'Espagne ne revendiqua donc pas la découverte
de Pinzón.
En avril 1500, le navigateur portugais Pedro Álvares Cabral
atteignit lui aussi les côtes brésiliennes. Il proclama
officiellement la région possession du Portugal. Le territoire
fut nommé Terra da Vera Cruz (en portugais, "Terre de la
Vraie Croix"). En 1501, le navigateur italien Amerigo
Vespucci mena une expédition sur ce nouveau territoire à
l'instigation du gouvernement portugais. Au cours de ses
explorations, Vespucci reconnut et baptisa nombre de caps et de
baies, dont celle de Rio de Janeiro. Il revint au Portugal avec du
brésillet (bois de Pernambouc qui fournit une teinture rouge). La
Terra da Vera Cruz prit, à partir de cette date, le nom de Brésil.
En 1530, le roi du Portugal, Jean III le Pieux, entreprit un
programme de colonisation systématique du Brésil. Thomé de
Souza, arrivé au Brésil en 1549, mit sur pied un gouvernement
central dont la capitale fut fixée dans la nouvelle cité de
Salvador de Bahia. Il réforma complètement l'administration et
la justice. Pour protéger le pays de la menace française, il établit
un système de défense côtière. L'importation de nombreux
esclaves africains permit de pallier la pénurie de main-d'œuvre
locale. C'est durant cette période, en 1554 exactement, que fut
fondée au sud du pays la ville de São Paulo.
L'année suivante, en 1555, les Français tentèrent de
s'installer en établissant une colonie sur les rives de la baie
de Rio de Janeiro. En 1560, les Portugais détruisirent cette
colonie et créèrent, en 1567, la cité de Rio de Janeiro.
En 1580, Philippe II, roi d'Espagne, hérita de la couronne du
Portugal. Cette période d'union des deux royaumes, jusqu'en 1640,
fut marquée par de fréquentes agressions anglaises et
hollandaises contre le Brésil. Ainsi, en 1624, une flotte
hollandaise s'empara de Bahia. Mais l'année suivante, la ville
fut reprise par une armée composée d'Espagnols, de Portugais et
d'Indiens. Les Hollandais reprirent leurs attaques en 1630. À
cette occasion, une expédition subventionnée par la Compagnie
hollandaise des Indes occidentales prit Pernambuco, l'actuelle
Recife, et Olinda. Les territoires compris entre l'île de Maranhão
et la zone en aval du fleuve São Francisco tombèrent ainsi aux
mains des Hollandais. Sous la compétente autorité de
Jean-Maurice de Nassau-Siegen, la partie du Brésil occupée par
les Hollandais prospéra durant plusieurs années. Mais en 1644,
Nassau-Siegen démissionna pour protester contre l'exploitation
menée par la Compagnie hollandaise des Indes occidentales. Peu
après son départ, les colons portugais, soutenus par le
Portugal, redevenu indépendant de l'Espagne en 1640, se rebellèrent
contre le pouvoir hollandais. En 1654, au bout de dix années de
luttes, les Pays-Bas capitulèrent et, en 1661, ils renoncèrent
officiellement à leurs revendications territoriales sur le Brésil.

En 1640, après la rupture de l'union entre les deux couronnes
d'Espagne et de Portugal, le Brésil repassa donc sous la
souveraineté portugaise et devint une vice-royauté. Espagnols et
Portugais vécurent alors pacifiquement en Amérique du Sud
jusqu'en 1680, date d'une expédition portugaise au sud de la rive
orientale du Rio de la Plata où ils fondèrent une colonie. Ce
fut la cause d'une longue série de troubles qui ne s'acheva véritablement
qu'en 1828 avec la création de la république d'Uruguay.
Dès le début du XVIIe siècle, des missionnaires jésuites
firent des incursions en Amazonie. Sous le règne du roi Joseph
Ier du Portugal, le Brésil connut de nombreuses réformes à
l'instigation du marquis de Pombal, secrétaire aux Affaires étrangères
et à la Guerre puis Premier ministre. Les esclaves indiens furent
affranchis, l'immigration encouragée et les impôts réduits.
Pombal atténua le poids du monopole royal sur le commerce
international de la vice-royauté, centralisa l'appareil
gouvernemental brésilien dont le siège fut transféré de Bahia
à Rio de Janeiro en 1763. Trois ans auparavant, en 1760, à
l'exemple de ce qu'il avait déjà fait en 1759 au Portugal,
Pombal expulsa les jésuites du Brésil. La raison officielle fut
le mécontentement populaire suscité par l'influence jésuite
chez les Indiens et leur poids grandissant dans l'économie.
Les guerres napoléoniennes infléchirent profondément le cours
de l'histoire brésilienne. Dès novembre 1807, Napoléon traversa
avec son armée la frontière hispano-portugaise. Sans attendre
l'arrivée des Français, le prince Jean, régent du Portugal, et
la Cour embarquèrent à Lisbonne à destination du Brésil. Le
gouvernement royal du Portugal fut donc installé à Rio de
Janeiro.
Vers
l'indépendance
En mars 1816, le
prince Jean devint roi du Portugal sous le nom de Jean VI le Clément.
Le sentiment républicain, largement répandu à travers le pays
après la Révolution française, gagna une audience considérable
lorsque les colonies espagnoles voisines devinrent indépendantes.
Dès 1816, Jean VI dut intervenir pour occuper la région du Banda
oriental sous le contrôle des révolutionnaires hispano-américains.
Jean VI nomma son deuxième fils, Dom Pedro, régent du Brésil.
Mais au Portugal, une vive opposition s'était formée contre les
réformes entreprises dans la vice-royauté. L'Assemblée
portugaise, les Cortes, vota une série de lois destinées à
redonner au Brésil son ancien statut de colonie. Dom Pedro fut
sommé de rentrer en Europe. En 1822, devant les demandes et
l'indignation des Brésiliens, Dom Pedro annonça son refus de
quitter le pays. En juin 1822, il fit convoquer une Assemblée
constituante. En septembre 1822, alors que des envoyés du
Portugal révélaient que les Cortes ne feraient plus aucune
concession aux nationalistes, Dom Pedro proclama l'indépendance
du Brésil. La même année, un vote de la Haute Chambre de
l'Assemblée constituante fit de lui l'empereur du Brésil sous le
nom de Pierre Ier. À la fin de 1823, toutes les troupes
portugaises stationnées au Brésil durent se rendre au nouveau régime.
Régnant en véritable dictateur, Pierre Ier perdit beaucoup de
popularité lors de sa première année au pouvoir. En 1823, à
cause de dissensions avec l'Assemblée constituante, il décida de
la dissoudre et promulgua une nouvelle constitution en mars 1824.
L'année suivante, en 1825, l'Argentine soutint une révolte dans
la province Cisplatine. Ce soutien fut considéré par le Brésil
comme une provocation et la guerre fut déclarée entre les deux
pays. Défaits en 1827, les Brésiliens durent accorder, à
l'issue de négociations menées sous la médiation britannique,
l'indépendance à la province Cisplatine et à l'Uruguay. La fin
des années 1820 vit la montée de l'opposition populaire contre
Pierre Ier. En 1831, celui-ci décida finalement d'abdiquer en
faveur de Pierre II, son héritier présomptif âgé de 5 ans.
En juillet 1840, le Parlement brésilien proclama la majorité de
Pierre II qui put donc prendre la tête de l'État. Il se révéla
un des monarques les plus compétents de son époque. Sous son règne,
qui dura près d'un demi-siècle, les croissances économique et démographique
du pays furent exceptionnelles. La production nationale fut
multipliée par 10 et le pays commença à se doter d'un réseau
ferroviaire. La politique extérieure du gouvernement impérial était
ouvertement hostile aux dictatures voisines. De 1851 à 1852, le
Brésil soutint donc la lutte révolutionnaire qui abattit le
dictateur argentin Juan Manuel de Rosas.
De 1865 à 1870, alliée à l'Argentine et à l'Uruguay, il
combattit victorieusement le Paraguay. En 1853, Pierre II interdit
le débarquement d'esclaves noirs. Quelques années plus tard, une
campagne en faveur de l'émancipation fut lancée à travers tout
le pays. À cette époque, le Brésil comptait 2,5 millions
d'esclaves. Les abolitionnistes remportèrent leur première
victoire en 1871, lorsque le Parlement approuva une loi
affranchissant les enfants nés d'une mère esclave.
À la même époque, un sentiment républicain se développa dans
le pays, notamment en raison des sacrifices endurés lors de la
guerre contre le Paraguay. Ces différents facteurs conduisirent
à l'instauration de la première république.
La
République du Brésil
En novembre 1889,
une révolte militaire dirigée par le général Manuel Deodoro da
Fonseca obligea Pierre II à abdiquer. La république fut alors
proclamée sous l'autorité d'un gouvernement provisoire dirigé
par Fonseca. Aussitôt, un certain nombre de réformes
d'inspiration républicaine furent décrétées dont la séparation
de l'Église et de l'État. La rédaction d'une constitution fut
achevée en juin 1890. Inspirée par la Constitution des États-Unis,
elle fut adoptée en février 1891, faisant du Brésil une République
fédérale, sous le titre officiel d'États-Unis du Brésil.
Fonseca fut le premier président élu.
Dès 1891, la politique et les méthodes arbitraires de Fonseca
soulevèrent une forte opposition du Congrès. Début novembre
1891, Fonseca choisit de dissoudre l'Assemblée et d'imposer un
pouvoir dictatorial. Mais, poussé à démissionner par une révolte
de la Marine, il céda le pouvoir à son vice-président, Floriano
Peixoto. Celui-ci établit un gouvernement tout aussi dictatorial
que celui de son prédécesseur.
L'ordre ne revint progressivement dans le pays que sous le
gouvernement du premier président de la République civil,
Prudente José de Moraes Barros.
La production de café et de caoutchouc progressait régulièrement.
Le pays semblait destiné à connaître la prospérité, mais la
chute du cours du café sur le marché international entre 1906 et
1910 créa de graves déséquilibres dans l'économie brésilienne.
La situation se dégrada encore avec la baisse des prix du
caoutchouc.
En 1922, l'amorce d'une nouvelle crise économique obligea le
gouvernement à faire des coupes drastiques dans le budget de l'État.
Le mécontentement général déboucha en juillet 1924 sur une
large révolte, dont l'épicentre était à São Paulo. La révolte
fut matée après six mois d'affrontements par l'armée restée
loyale envers le président Artur da Silva Bernardes, élu en
1922. Pour éviter de nouveaux troubles, Bernardes décréta la
loi martiale qui resta en vigueur jusqu'à la fin de son mandat.
En août 1927, le gouvernement décida l'interdiction des grèves.
À l'issue des élections présidentielles de mars 1930, Julio
Prestes, le candidat pro-gouvernemental, fut déclaré vainqueur
devant Getúlio Vargas. Ce dernier était un homme politique de
premier plan, fervent nationaliste, originaire de l'État de Rio
Grande do Sul. Il disposait du soutien d'une grande majorité de
l'armée et de la classe politique. En octobre 1930, il déclencha
un coup d'État. Après trois semaines de combats, Vargas fut désigné
président provisoire, avec de très larges pouvoirs.
En 1933, Vargas entreprit de doter le pays d'une nouvelle
constitution en convoquant une Assemblée constituante. Le nouveau
texte, adopté en 1934, prévoyait notamment le droit de vote des
femmes, la sécurité sociale pour les travailleurs et l'élection
du président par le Congrès. Le 17 juillet 1934, Vargas fut élu
officiellement président.
Au cours de la première année de son mandat constitutionnel,
Vargas rencontra une forte opposition de la part de l'aile gauche
du Mouvement des travailleurs brésiliens. En novembre 1935, des
tentatives de révoltes communistes furent déjouées à
Pernambuco et à Rio de Janeiro. La loi martiale fut instaurée et
Vargas gouverna par décrets présidentiels. Pour réduire la
force de l'opposition, de grandes vagues d'arrestations
d'opposants au gouvernement eurent lieu.
En novembre 1937, à la veille des élections présidentielles,
Vargas fit dissoudre le Congrès et proclama une nouvelle
constitution lui conférant un pouvoir absolu. Il réorganisa le
gouvernement et l'administration du pays à l'exemple des régimes
totalitaires italien et allemand. Les partis politiques furent
interdits, la presse et la correspondance furent soumises à une
étroite censure.
Le gouvernement de Vargas, officiellement désigné par le titre
d'Estado Novo ("l'État nouveau"), devait rester au
pouvoir jusqu'à ce que soit décidée la date d'un référendum
sur de nouvelles lois organiques. Cette date ne fut en réalité
jamais fixée.
Mais pendant ce temps, les manifestations de mécontentement à l'égard
de Vargas se multipliaient. À la suite d'un défi lancé en février
1945 par un groupe d'éditeurs, le gouvernement accepta
d'assouplir la censure sur la presse. Le 28 février 1945 fut
annoncée la tenue d'élections présidentielles et législatives.
Peu à peu, les principales entraves à l'activité politique
furent levées. En avril 1945, tous les prisonniers politiques, y
compris les communistes, furent amnistiés.
En octobre 1945, un coup d'État militaire obligea finalement
Vargas à démissionner. José Linhares, premier magistrat de la
Cour suprême, fut nommé président provisoire dans l'attente des
élections. Celle-ci eurent lieu en décembre 1945. Elles donnèrent
une large victoire à l'ancien ministre de la guerre, Eurico
Gaspar Dutra. Il entra en fonction en janvier 1946. Les députés
nouvellement élus furent chargés de rédiger la nouvelle
constitution, adoptée en septembre 1946.
Getúlio Vargas retrouva la présidence du Brésil en janvier 1951
à la suite des élections tenues en octobre précédent. Il forma
un gouvernement de coalition avec les grands partis. Aussitôt en
fonction, ce gouvernement prit des mesures pour équilibrer le
budget de l'État et mettre en place un programme de réduction de
l'inflation, d'augmentation des salaires et d'extension des réformes
sociales. Ces décisions contradictoires n'empêchèrent pas la
croissance de l'inflation.
En août 1954, en pleine campagne électorale législative, un
officier de l'armée de l'air trouva la mort dans un attentat
dirigé contre un directeur de presse anti-Vargas. Cette mort
amena l'armée à exiger la démission de Vargas. Le 24 août,
Vargas accepta de laisser provisoirement le pouvoir au vice-président
João Café Filho, avant de se suicider quelques heures plus tard.
L'ancien gouverneur du Minas Gerais, Juscelino Kubitschek, réunissait
le soutien des partisans de Vargas et des communistes, ce qui lui
permit de remporter les élections présidentielles d'octobre
1955. Sitôt sa prise de fonction, en janvier 1956, il annonça un
ambitieux plan quinquennal de développement économique, suivi
d'un emprunt auprès de banques américaines, d'un montant supérieur
à 150 millions de dollars. C'est également à cette époque que
furent approuvés les plans de la future capitale fédérale :
Brasília.
Jânio da Silva Quadros, ancien gouverneur de São Paulo, devint
président du Brésil en janvier 1961. Il entreprit aussitôt une
politique d'austérité économique. Puis, sans autre explication
que l'évocation imprécise de "forces de la réaction"
entravant ses efforts, Quadros démissionna en août 1961.
Son vice-président João Goulart lui succéda. Mais cette
succession ne se fit pas sans difficulté. Les militaires commencèrent
par s'y opposer, accusant Goulart d'avoir de la sympathie pour le
régime castriste cubain. Un compromis fut toutefois trouvé. La
Constitution fut amendée de façon à confisquer la plupart des
pouvoirs exécutifs du Président en faveur du Premier ministre et
du gouvernement, responsables devant le Congrès. Goulart put
entrer en fonction en septembre 1961.
Au mois de mars 1964, quelques jours après s'être montré dans
un meeting ouvrier, Goulart était renversé par un coup d'État
militaire et devait fuir en Uruguay. Le chef d'état-major de
l'armée, le général Humberto Castelo Branco devenait président
de la République.
En 1965, une loi réduisit les libertés civiles, augmenta le
pouvoir du gouvernement et confia au Congrès le soin de désigner
le président et le vice-président.
En 1966, l'ancien ministre de la Guerre, le maréchal Artur da
Costa E Silva, candidat du parti gouvernemental l'Arena (parti de
la renaissance nationale), fut désigné président. Le Mouvement
démocratique brésilien, seul parti d'opposition toléré, avait
refusé de présenter un candidat en réaction à la privation des
droits électoraux des adversaires les plus farouches du
gouvernement militaire.
En décembre 1968, tirant les conséquences de l'agitation sociale
et politique, Costa se donna des pouvoirs illimités et put ainsi
effectuer des purges politiques, des coupes sombres dans l'économie
et imposer la censure.
En août 1969, il fut frappé par une attaque cérébrale. Les
militaires choisirent le général Emilio Garrastazú Médici pour
lui succéder, choix approuvé par le Congrès. Mais la
contestation se faisait de plus en plus vive dans le pays.
C'est dans ce contexte que le général Ernest Geisel, président
de Petrobras, société pétrolière nationalisée, accéda au
pouvoir en 1974. Il commença par établir une politique plutôt
libérale en desserrant la censure sur la presse et en permettant
aux partis d'opposition de reprendre une activité politique légale.
Mais ces mesures furent en partie annulées en 1976 et en 1977. En
1979, un autre militaire, João Baptista de Oliveira Figueiredo,
succéda à Geisel.
La
fin de la dictature
Ce fut finalement en 1985 que fut élu, Tancredo Neves, le premier président
civil brésilien depuis vingt et un ans. Mais il mourut avant
d'entrer en fonction. Le vice-président José Sarney le remplaça.
Confronté à un rebond de l'inflation et à une dette extérieure
considérable, Sarney imposa un programme d'austérité comprenant
l'émission d'une nouvelle monnaie, le cruzado. Pour affermir la démocratie,
une nouvelle constitution entra en vigueur en octobre 1988.
C'est dans le cadre de cette nouvelle constitution prévoyant l'élection
du président au suffrage direct que fut élu, en décembre 1989,
Fernando Collor de Mello, candidat du parti conservateur de
reconstruction nationale. Ses mesures drastiques de lutte contre
l'inflation provoquèrent une des plus graves récessions que le
Brésil ait jamais connues en une décennie. Par ailleurs, des
rumeurs de plus en plus précises de corruption commencèrent à
circuler sur le président Collor.
Chambre des députés entama une procédure à l'encontre de
Collor pour motif de corruption. Le vice-président Itamar Franco
fut chargé d'assurer l'intérim. Tous recours épuisés, Collor
finit par démissionner le 29 décembre 1992. Franco fut alors
officiellement investi comme président du Brésil.
À la fin de 1994, les élections présidentielles virent la
victoire de Fernando Henrique Cardoso qui prit ses fonctions le
1er janvier 1995. L'inflation est partiellement jugulée, le Brésil
décolle économiquement malgré la subsitance de poches de
pauvreté considérables. Le Nordeste souffre de la plus
importante sécheresse depuis quarante ans.
En 1997, le Brésil réalise un nombre croissant d’échanges
avec les pays adhérents au Mercosur. Mais l’accélération des
privatisations rendue nécessaire, afin d’éviter une crise du
système bancaire, rencontre l’opposition des syndicats, de la
gauche radicale, de José Sarney. On assiste a une recrudescence
de la violence urbaine.
En octobre 1998, le président Fernando Henrique Cardoso est réélu
dès le premier tour de scrutin avec près de 54 % des suffrages,
contre moins de 32 % pour son adversaire Luis Inacio Lula da Silva,
leader du Parti des travailleurs (PT). Il annonce son intention de
poursuivre son programme d’austérité et adopte, en accord avec
le Fonds monétaire international (FMI). Il en résulte une
augmentation du chômage. Cette crise financière ébranle l’économie
brésilienne et déstabilise celle de ses voisins du Mercosur,
notamment l’Argentine. Le FMI et les pays riches accordent 41
milliards de dollars au Brésil qui redresse rapidement son économie.
Les élections municipales de 2000 sont marquées
par les bons résultats du Parti des travailleurs (PT), qui
remporte la mairie de São Paulo. Lula est élu, le 27 octobre
2002, aux éléctions présidentielles. Pour la première fois, un
président de la République de gauche est élu au Brésil. Il
entre en fonctions le 1er janvier 2003.
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