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BRASILIA
Brasilia est
une ville récente, seulement 45 ans, par rapport aux
autres grandes métropoles du Pays qui se sont développés durant la colonisation.
L'objectif
était de créer une nouvelle capitale
pour le Brésil, qui succéderait à Rio de Janeiro. Mais
la ville a grandi et autour, plusieurs autres agglomérations se
sont développées, donnant au District Fédéral une importance
encore plus forte.
Une des raisons d'être de Brasilia était
précisément de soustraire les gouvernants à la pression d'une
grande ville remuante. En créant de toutes pièces une capitale
sur le plateau central, du Brésil, l'Etat fédéral,
voulait démontrer qu'il ne dépendait plus de l'extérieur et se
recentrait.
Au
bout de
45 ans, Brasilia est devenue une ville. L'origine du projet est
lointaine, puisque le transfert de la capitale fédérale sur le
plateau central était déjà
inscrit dans la Constitution de 1891. Le site avait même été
choisi, les responsables voulant que la future capitale soit
proche du point d'où les eaux divergent vers les trois grands réseaux hydrographiques du pays. Ce
lieu hautement symbolique est aujourd'hui inclus dans le parc
naturel des Aguas emendadas, aux portes de la ville. Il s'agissait,
en effet, d'«intérioriser» la capitale nationale, de mettre en
valeur les étendues vides des savanes de l'intérieur, tout en
donnant à la cité un cadre agréable et salubre, dégagé des
chaleurs et des miasmes du littoral: à près de 1 200 mètres
d'altitude, le lieu choisi
garantissait une certaine fraîcheur, et
l'on avait repéré un site de barrage commode permettant
d'assurer sans peine l'approvisionnement en eau.
Longtemps repoussée,
l'idée reprit force avec l'élection à la présidence de la République
de Juscelino Kubitschek, qui en fit l'un des grands chantiers de
sa «marche vers l'Ouest». Menée tambour battant, la
construction fut lancée en 1956; l'inauguration eut lieu en
1960. Le peuplement de ce coin de savane
n'a pas été négligeable: le district fédéral comptait en 1980
près de 1 300 000 habitants, et les effets de désenclavement ont
été immenses. Ils n'ont pas fini de bouleverser la géographie
du Brésil. D'un strict point de vue d'urbanisme, Brasilia est très
représentative des idées de l'époque. Ses concepteurs,
l'urbaniste Lucio Costa et l'architecte Oscar Niemeyer, ont planifié
une ville radicalement nouvelle, fonctionnelle, organisée autour
de deux axes, l'un résidentiel, l'autre monumental, ce dernier
s'achevant au-delà de l'esplanade des Ministères, sur la place
des Trois-Pouvoirs. Au centre de celle-ci, se dressent la double
tour du pouvoir législatif et les coupoles inversées de la chambre des députés et du Sénat qui sont devenues
aujourd'hui le symbole de la ville tout entière.
Une tragique
ironie de l'Histoire a voulu que cette cité, véritable hymne à
la démocratie, soit occupée pendant plus de vingt ans par un
gouvernement
autoritaire
retranché dans le palais présidentiel et dans la Vila militar,
extérieure au plan pilote. L'appareil bureaucratique, dominé par
une technocratie civile et militaire, a pu se développer à
l'aise dans les immenses ministères (dont les plus importants ont
été doublés d'annexes situées à l'arrière de l'esplanade) et
dans les tours du secteur des «autarquias», les grandes
administrations autonomes, vite dépassées par les tours plus
hautes encore du secteur bancaire.
Dans
cette agglomération conçue pour l'automobile, le piéton ne
retrouvera sa place que dans les centres commerciaux ;Les transports
en commun sont réduit à un réseau en étoile dont l'axe est la
gare routière. la visite de Brasilia n'est pas indispensable
, les curieux apprécieront, mais c'est aussi un point
de départ pour visiter l'état de Goias .
et le District fédéral .
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